drêche


drêche

drêche [ drɛʃ ] n. f.
• 1688; a. fr. drasche « cosse », gaul. °drasca
Techn. Résidu de l'orge, après soutirage et filtration du moût, en brasserie. La drêche est utilisée pour la nourriture du bétail.

drêche nom féminin (ancien français drasche, du gaulois drasca) Résidu solide de l'orge qui a servi à faire de la bière et qu'on peut utiliser, frais ou déshydraté, comme aliment pour le bétail.

⇒DRÊCHE, DRÈCHE, subst. fém.
BRASSERIE, AGRIC. Résidu d'orge cuite qui reste dans la cuve après la cuisson de la bière et le soutirage du moût. Animaux qui ont longtemps servi pour le travail, la lactation et la reproduction et ont été soumis à une alimentation défavorable à la qualité de la viande (drèches, choux, navets, tourteaux) (MACAIGNE, Précis hyg., 1911, p. 216). Ce diable d'homme, dit-il plus tard, il donnerait de la drèche pour de l'orge, qu'on lui dirait encore merci (BERNANOS, Soleil Satan, 1926, p. 66) :
L'alimentation par les drèches, les résidus de distillerie... ne joue encore qu'un rôle insignifiant [dans la péripneumonie]; ...
NOCARD, LECLAINCHE, Les Maladies microbiennes des animaux, 1896, p. 253.
P. ext. Résidu de distillation des pommes, des grains. On a étendu ce nom de drêche aux résidus des distilleries de grains ou de maïs (POURIAU, Laiterie, 1895, p. 156).
Rem. Qq. dict. notamment Lar. 19e-20e attestent le verbe dérivé drécher. Enterrer des glands dans une fosse après les avoir arrosés d'eau salée (afin qu'ils se conservent pour l'alimentation des porcs). Pour tirer des glands la plus grande utilité possible, relativement à l'engrais des porcs, il faut les drécher (Thaer. ds Lar. 19e).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1762-1932, s.v. drêche. La forme drèche est attestée ds FÉR. Crit. t. 1 1787, LAND. 1834, GATTEL 1841 et BESCH. 1845. Étymol. et Hist. Ca 1250 drashe [cf. le dér. draschier 1160-74 « mangeur de marc de bière, de rebuts, de restes » (WACE, Rou, éd. A. J. Holden, III, 4760)] « résidu du malt ayant servi à brasser » (Li Vers de la mort, 284, 10 ds T.-L.); 1410 [lie de farine] ou draque (St. de la drap. de Chauny, A. mun. Chauny ds GDF. Compl.); 1600 drache « rafle du raisin » (O. DE SERRES, Théâtre d'agric., I, 283, éd. 1804 ds GDF.); 1688 drèche (G. Miège d'apr. FEW t. 3, p. 156b); [1478 d'apr. BL.-W.1-5] 1704 drague (Trév.). Ces différentes formes remontent sans doute à un drasca type prob. d'orig. celt. comme certains mots du vocab. de la brasserie (cervoise, brai); attesté en lat. médiév. sous la forme drasca, drachia (1276 ds LATHAM), drascum (1194, ibid.). Fréq. abs. littér. :1.

drêche [dʀɛʃ] n. f.
ÉTYM. 1688; drashe « cosse », 1250; orig. obscure; supposé issu d'un type gaul. drasca, ou (P. Guiraud) drasche, doublet de rasche, rache, représenterait la forme drasicare, d'après le lat. class. deradere « enlever en râclant ».
Techn. Agric. Résidu de l'orge après soutirage et filtration du moût dans les brasseries. || La drêche est utilisée pour la nourriture du bétail. || Drêches fraîches, humides; déshydratées.Par ext. Résidu de la distillation des pommes de terre, des grains.On trouve aussi la graphie drèche :
0 « Ce diable d'homme, dit-il plus tard, il donnerait de la drèche pour de l'orge, qu'on lui dirait encore merci… »
Bernanos, Sous le soleil de Satan, in Œ. roman., Pl., p. 66.

Encyclopédie Universelle. 2012.